Les grands maîtres de la Renaissance italienne se vouèrent à plusieurs activités, et, parmi nous Remy de Gourmont semble cultiver avec une égale maîtrise tous les domaines de l'esprit humain (B. C., Rimsky-Korsakow et les maîtres de la musique russe).


1. « Le dernier des masques : Remy de Gourmont », Les Hommes nouveaux, 1912 & Aujourd'hui (1917-1929), suivi de Essais et réflexions (1910-1916), présentés par Miriam Cendrars, Denoël, 1987, pp. 153-155

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[...] Remy de Gourmont est le diable ? — Certes. Et il est mis à l'index par les cuistres.

Ni inconnu ni méconnu — il est le seul écrivain européen qui jouisse de la renommée désirée. Sa très juste gloire rayonne dans l'esprit de quelques-uns. Il n'en désire pas davantage. Il fait éditer ses livres à quelques centaines d'exemplaires. Deux cents choisis l'ont lu, puis deux mille. C'est bien assez. Il peut être fier [...].

Ce terme de « Certains », frappé par Huysmans, s'applique plus strictement aux admirateurs qu'aux créateurs. Par ces temps de démocratie et de popularisation intensive de la culture pasteurisée, c'est une jouissance bien violente que de goûter, encore seul, une œuvre d'art. Ces deux mille lampes parsemées par l'Europe éclairent des solitaires : l'élite, les « certains » que Remy de Gourmont s'est choisis.

Il est le premier écrivain qui ait créé ses lecteurs [...].

La Panne, août 1910.
Signé en 1912 : Blaise Cendrars.


2. « Paris, port-de-mer », Bourlinguer, Éditions Denoël, 1948


A consulter :

Sous le signe de Gourmont...

Carte postale au libraire Bannier

D'un Gourmont l'autre. Le premier des masques de Blaise Cendrars