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Notice

1° Edition originale :

Un cœur virginal, roman dédié à Octave Uzanne, est un in-18 publié par le Mercure de France en 1907 avec — insigne hommage rendu à Gourmont — une couverture illustrée par Georges d'Espagnat. Un tirage spécial, paraphé par Gourmont, à double couverture, l'une rose, l'autre jaune sans dessin, a été réalisé pour la Société des XX. Le Bas-Cotentin (Cherbourg, Martinvast...) sert de cadre aux amours de Rose des Boys, vierge ignorante, mais désirante, et de M. Hervart, conservateur, plus ou moins conservé, « honnête pervers », trahi par une carte postale ... Voir notre première et notre deuxième promenade littéraire. Avant d'être publié en volume (apparition annoncée dans le fascicule du 1er mai 1907, p. 190), Un cœur virginal a été publié dans la revue du 15 décembre 1906 au 1er février 1907.

2° Autres éditions :

Un cœur virginal, Crès, 1921, dessins de Raoul Dufy

Un cœur virginal, dessins de Siméon (31 aquarelles et 1 burin), in-16 soleil de 5 ff. n. ch. (faux-titre, frontispice, titre, dédicace et préface), 248 pp. et 1 f. n. ch., « Les Beaux Romans », Henri Jonquières & Cie, éditeurs, Paris, 1923. Recensement des exemplaires : voir ci-dessous

Œuvres de Remy de Gourmont V. Un cœur virginal , in-8 écu, 218 pp., couverture crème imprimée noir et rouge, Mercure de France, Paris, 1931. « Il a été tiré : 22 exemplaires sur vergé d'Arches numérotés à la presse de 1 à 22. 44 exemplaires sur vergé pur fil Lafuma numérotés de 23 à 66 ». Recensement des exemplaires : XVI

Un cœur virginal, gravures en couleurs de J.-E. Laboureur, in-4, V et 199 pp., fig., couverture imprimée, emboîtage, Les Cent bibliophiles, Paris, 1937. Edition de luxe tirée à 130 exemplaires sur vélin d'Arches réservés aux membres de la société

Un cœur virginal, in-8, 32 pp., couverture illustrée, « Grande collection nationale » n° 68, F. Rouff, s. d.

Un cœur virginal, couverture illustrée, troisième volume de la collection « Désir de lire », publiée sous le patronage de l'Union des femmes françaises, Editions Hier et Aujourd'hui, 25 février 1947

Un cœur virginal, suivi de Histoires magiques, préface de Jean-Baptiste Baronian, couverture illustrée, reliure d'éditeur, 318 p., Les Editions du Carrousel, Paris, 1999

Un cœur virginal, postface de Nicolas Malais, couverture illustrée, collection de « la Presqu'île sacrée », dirigée par Christian Buat, Editions du Frisson Esthétique, Saint-Lô, 2007

Ein jungfräuliches Herz, Leipzig, Zeitler, 1908
Cuore vergine, traduit par S. Carelli, Milan, Facchi, 1919
A virgin heart, traduit par Aldous Huxley, New-york, N.-L. Brown, 1921 ; Londres, Brentano, 1922, George Allen and Unwin, 1925 ; New-York, The Modern Library, 1927
Un corazón virginal, traduction de Juan Rabel, avant-propos de V. Blasco Ibánez, Prometeo, Valence, s.d. [1920]

Otome gokoro, traduit par Takeshi Takemura, Tokyo, Kadokawa shoten, 1958

Envois :

coll. Christian Buat

Coll. Christian Buat

 Bibliothèque Municipale de Brest

Signalé par Mikaël Lugan et numérisé par la Bibliothèque municipale de Brest

4° Recensement des exemplaires de l'édition de la Société des XX, constituant avec un exemplaire vert pâle pour l'auteur l'édition originale :

Nota bene : lu dans le toujours très-précieux catalogue du libraire Alain Ferraton (vente publique du samedi 19 juin 2004) :

Un des 3 ex. inconnus sur Japon relié par Maylander avec lettre autographe à Rachilde

424 GOURMONT (Remy de). Un cœur virginal. P., Mercure de France, 1907, in-12, plein maroquin rouge, dos à 5 nerfs orné d'arabesques dorées et de pièces mosaïquées de maroquin ocre [...], plats ornés d'un jeu de 3 filets dorés formant encadrement, dentelle dorée intér., gardes de soie saumon, double filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches dorées sur témoins, couv. ill. d'un dessin de Georges d'Espagnat cons., ex. lég. gauchi, ex-libris de Ch. Hayoit (rel. de A. & R. Maylander). Édit. orig. 1/3 ex. de tête num. sur Japon impérial, tirage sur ce papier inconnu de Talvart qui n'annonce que 20 Arches réimposés pour la « Société des XX » et 1 ex. vert pâle pour l'auteur. Enrichi d'une belle lettre avec sign. de l'auteur à Rachilde relative à l'ouvrage (Paris, le 6 mai 1907, 2 p. in-12 sur papier bleu). Splendide ex. - (photo) 1,300€/1,500

5° Recensement des exemplaires de l'édition H. Jonquières (« Ce livre, le sixième de la collection « Les Beaux Romans », a été tiré à mille cent quatre-vingts exemplaires, soit : 30 ex. sur Japon impérial, dont 10 hors commerce numérotés de 1 à 20 et de 21 à 30 ; 50 ex. sur Hollande van Gelder, dont 10 hors commerce, numérotés de 31 à 70 et 71 à 80 ; 1100 ex. sur vélin de Rives, dont 100 hors commerce, numérotés de 81 à 1080 et de 1081 à 1180. Le présent ouvrage a été achevé d'imprimer le dix novembre mil neuf cent vingt-trois, sur les presses de Coulouma, imprimeur à Argenteuil, H. Barthélemy, directeur, pour le compte de H. Jonquières et Cie, éditeurs à Paris. ») :

n° 1??5, imprimé pour Monsieur Paul Fascholin (50 Coutances)

Echos

J'ai vu Remy de Gourmont écrire Un cœur virginal ayant, ouvert à côté de lui, De l'amour, de Stendhal, dans lequel il puisait les explications psychologiques des actions de ses personnages, (Léautaud, Passe-Temps, Mercure de France, 1929)

Une autre femme est l'héroïne d'un Cœur virginal. C'était une jeune normande qui avait voulu fleurter avec Gourmont. Il s'était dérobé. Elle s'est alors retournée vers un autre Gourmont, André, ce doit être son prénom, l'aîné de Jean et de l'autre frère, et elle l'a épousé (Léautaud, Journal littéraire III, Mercure de France, 1956).

Van Gennep racont[e] qu'il a vu à plusieurs reprises Gourmont jaloux en quelque sorte du roman de Pierre Louÿs, Aphrodite, pour la réussite d'argent que ce roman représentait. Chose fort sujette à caution, à mon avis. Dumur dit pourtant que Gourmont a toujours désiré, espéré, cherché le succès, le grand succès. Il l'a cherché, selon lui, avec la Physique de l'amour, avec Un cœur virginal [...] (Léautaud, Journal littéraire IV, Mercure de France, 1957).

« Gourmont » Que c'est faible, après tout, et vide, et tracassier et monotone, et petit. Que c'est puéril ! Un cœur virginal. C'est un peu mieux que de l'Anatole France, mais ce n'est pas si bien écrit (Jacques Rivière à Alain-Fournier, 1er février 1907).

Sur Gourmont, je voulais te dire (ne te l'ai-je déjà dit ?) combien m'écœurait son roman si froidement polisson. Ce type-là rétablit un rationalisme à rebours, ou plutôt il raisonne mieux, plus juste que les rationalistes mais il continue à se confier en l'Unique Raison, pimentant sa plate dialectique d'un peu de physiologie. C'est facile, facile et bête.

J'en dirai plus de mal quand j'aurai fini son Cœur Virginal (Jacques Rivière à Alain-Fournier, 6 mars 1907).

Hier, première journée de printemps. [...] Tout le jour je me suis senti plein d'un trouble délicieux : c'était mon rêve d'amour, chaque année un peu différent, chaque année aussi vain.

Voici ce qu'oubliant ma longue difformité je pensais :

Elle sera pure et lascive. Je voudrais qu'elle ne s'effarouchât point de l'amour, que le baiser ne fût pas pour elle le secret des nuits, la chose honteuse, à laquelle il ne faut pas penser, bien que ce soit bon. Je voudrais qu'elle aimât l'amour et le baiser, qu'elle fût si sensible qu'un peu plus de chaleur ébranle ses nerfs à une communion. Je voudrais qu'elle me dît un jour : « Le goût de ce fruit me fait penser à telle de nos caresses », et qu'elle précisât. Le seul moyen d'éviter la polissonnerie, (qui consiste en des allusions à l'acte caché) c'est de s'habituer à y penser sans pruderie, avec affection. Ce que je veux dire est infiniment délicat à exprimer ; car il ne faut pas que cette liberté de langage entre amants devienne intentionnelle, ait l'air de découler de grands « principes » libéraux, ait l'air d'une réaction contre des préjugés (comme chez Gourmont). Je voudrais que pour nous le baiser devînt une chose « naturelle » et délicieuse, qu'on doit chérir sans honte mais sans affectation. — Tout cela, généralisé, exprimé, devient grotesque. Comme ma rêverie était plus subtile, plus exquise ! (Jacques Rivière à Alain-Fournier, 8 mars 1907).

Je ne sais comment réfuter Gourmont. Il a raison de tous les côtés.

Mais il a tort au centre (Alain-Fournier à Jacques Rivière, 18 mars 1907).

A lire :

Dans le MERCURE DE FRANCE : Un cœur virginal, le roman de Remy de Gourmont, où l'auteur du Latin mystique montre un nouvel aspect, fort inattendu, de son talent (Eugène Montfort, « Journal des revues », Antée 1er février 1907, p. 960)

Rachilde, « Un cœur virginal », Mercure de France, 1er mai 1907

Claude Borgaise, « Chronique bibliographique. Remy de Gourmont, Un cœur virginal », La Chronique médicale, n°22, 15 novembre, 1907, p. 762-763

Jules Case, « M. Rémy de Gourmont », Tablettes littéraires, Librairie Ollendorf, s.d., p. 11-15

« Remy de Gourmont poet, ironist, philosopher », New-York Herald, Paris, 6 mars 1922. Etude d'après the Book of Masks (John W. Luce et Co, Boston) et A Virgin Heart, translated by Aldous Huxley (Brown)
 Pierre Leberruyer, « Aux environs de Cherbourg avec Rémy de Gourmont. En relisant Un cœur virginal » , Le Réveil, 09. 05. 1981 & La Presse de la Manche, 13. 05. 1981

Alexia Kalantzis, Le monologue intérieur dans l'œuvre romanesque de Remy de Gourmont : Sixtine, Les Chevaux de Diomède, Un cœur virginal, Université Paris-IV Sorbonne, juin 2002

« Et surtout, méfiez-vous des jeunes filles : Un cœur virginal de Remy de Gourmont », Les Féeries intérieures, blog de Spiritus [Mikaël Lugan], jeudi 19 juillet 2007